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Avant (Youboox, consorts, et les écrans à lire avec assez de batterie pour tenir plus que le temps d’échanger 3 twits avec un “chatbot*” et à peu près intelligents pilotables à la voix quand on est dans son bain, capables de lire un texte à haute voix synthétique pas trop insupportable quand on veut profiter d’un auteur les yeux fermés parce qu’il fait assez noir pour éteindre toutes les lumières écrans compris ou qu’il y a trop de soleil pour se fatiguer à lever les paupières, et sachant faire défiler le texte à rythme variable sans forcer le lecteur à sans arrêt cliquer sur un bout d’écran ou chercher une touche dans un coin de clavier), on se demandait (ou pas) s’il fallait (é)lire en ligne.

Mais c’était avant (que tout le monde, y compris les (é)lecteurs les plus robots, twittos les plus “b(all)ots” et blogueurs les plus e-copieurs-colleurs, ait compris que la e-lecture sur supports électroniques et la dégustation de bouquins sont à l’écrit ce que l’ingestion de cinéma et le savourage de théâtre sont à l’intention d’un (ou plusieurs) auteur(s), deux supports parmi d’autres).

Maintenant, on se demande s’il faut, ou s’il faudra demain, lire ce qu’écrivent/écriront des robots plus ou moins élégamment programmés, ce que produit/produira de l’intelligence artificielle plus ou moins subtilement pilotée, et /ou les lignes déjà pissées ou encore à vomir par des tâcherons électroniques encore plus mécaniques, voire pathétiques, que les écrivhumains les plus “pirement” dépourvus d’humour.

Mauvaise question, qui n’a évidemment guère de réponse intelligente, artificielle ou pas.

D’abord parce qu’on lit déjà des mégapaquets de trucs, particulièrement e-trucs, totalement vides d’intelligence, d’humanité, de sincérité, ou des trois, depuis les twits et posts facebook de supporters politiques, fans irréductibles de ceci ou ceux-là, militants cathodiques de sports professionnels, zélotes de telle ou télé croyance, et vices-versets (honni qui “tiens, que devient Salman Rushdie, dans tout le binz de maintenant ?” y pense), jusqu’aux “programmes” (les mots ont un sens) électoraux que personne n'(é)lit, puisque la petite moitié de l’électorat qui se déplace aux urnes comme à d’autres rites funéraires encore un peu respectés, vote pour une bouill(i)e connue, un show vu à l’écran, ou comme elle choisit n’importe quel produit dans la vraie vie ou sur internet, parce que le comédien de la pub avait de gros nibards et/ou promettait monts et merveilles bon marché à volonté.

Ensuite car de toute façon c’est comme la bouffe, le sexe ou les programmes électoraux, on n’a(ura très bientôt) guère plus de choix que d’envie (ni la capacité de faire la différence, essayez de faire avaler du chasselas doré de saison ou du délicat muscat d’automne à un môme habitué au raisin “Italia” imprimé en 3D comme ses pizzas, sa musique, et ses mangas), en vrai (c’est comme ça qu’il faut finir un paragraphe si l’on veut que les djeuns e-lisent).

Enfin, because les gens qui ont vraiment quelque chose à dire n’ont guère le loisir de jouer les poètes à plume pour tous publics, ni l’envie de se noyer dans la masse du prêt à penser imprimé et du prémâché pour (é)lecteur ne sachant pas (é)lire, pas plus le temps de dragouiller les éditeurs (espèce en voie de disparition, à tout le moins de transformation radicale depuis le temps de “Genius”) …

Bref, la question n’est pas de savoir s’il faut/faudra (é)lire des robots, mais quels robots (pas majoritairement made in, ni même by France, moins encore fatalement bien intentionnés, aimablement manipulateurs, ni même intentionnellement abscons, au demeurant).

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Rob(all)ot pour être vrai ?

Renaud (Robot ?) Favier  – 12 octobre 2016

*: chatbot = chatting robot, interlocuteur artificiel pour conversations, traductions, ou instructions dans le web, parfois difficile à reconnaitre d’un militant godillot, supporter inconditionnel, zélote pavlovien, diéséliste fervent, dépressif en surdose de Prozac ou descente de chasse au Pokemo(r)n(e), vendeur de sexe sur facebook, geek en manque de joueur du Grenier, ou autre twittos étroit entre les oreilles.

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